Point presse mensuel de mai 2014

Mesdames et messieurs, bonjour. Je voudrais vous parler aujourd’hui principalement du Pacte de responsabilité et du fait que le MEDEF se mobilise pour l’emploi et pour la compétitivité.

Dans le cadre de ce Pacte, nous avons émis un document au mois de février dernier qui s’appelle « Pacte de responsabilité, mobilisation pour créer 1 million d’emplois » avec 25 propositions. Nous avons réuni les partenaires sociaux pour que le 5 mars nous ayons des conclusions. Puis nous avons continué de mobiliser les fédérations professionnelles en les réunissant le 15 avril pour les motiver sur le Pacte. Puis, aujourd’hui, le 13 mai, nous lançons un projet qui s’appelle « Beau travail ». Vous voyez que depuis janvier, tous les mois, il se passe quelque chose et que nous apportons une action, une initiative pour accompagner ce Pacte et le faire réussir. 

La mobilisation des branches qui a eu lieu le 15 avril, c’était la première réunion de mobilisation pour nos branches, il y aura deux autres réunions, le 23 mai et le 13 juin pour être sûr déjà qu’on puisse aider les branches qui sont moins structurées pour accompagner ce Pacte. Il faut savoir que les discussions vont prendre du temps, que ce sont des discussions qui ne sont pas forcément évidentes. Aux branches de nous apporter des idées sur trois choses : 

  • des objectifs, 
  • une méthode et 
  • un calendrier. 

Voilà ce que nous avons demandé aux branches, et comme vous le voyez nous allons poursuivre le processus d’accompagnement avec deux nouvelles réunions mensuelles d’ici à l’été. Et puis, bien évidemment, les résultats de ces discussions dépendent de ce qui sera mis sur la table en face. Or à ce stade, et je reviendrais sur ce sujet, les engagements du gouvernement sont encore très flous et très tardifs. Je reviendrais sur notre inquiétude concernant le Pacte. Et puis, au-delà du Pacte, nous avons lancé l’opération « Beau travail ».

« Beau travail ! », c’est la mobilisation du MEDEF en faveur de l’emploi car le MEDEF s’engage concrètement pour diminuer les 400 000 emplois demandés non pourvus en France. 400 000 emplois demandés non pourvus. C’est un apport du MEDEF au Pacte de responsabilité d’une part et au projet « 1 million d’emplois » d’autre part. 

Quel est ce programme ? Avant de vous le décrire, je voudrais saluer mes trois vice-présidents ici présents dans la salle : Jean-François Pilliard, Patrick Bernasconi et Geoffroy Roux de Bézieux qui me font le plaisir et l’honneur d’être ici aujourd’hui. Nous avons une grosse journée MEDEF avec une Assemblée générale derrière, une assemblée permanente ensuite et le lancement officiel ce soir à 19h30 de l’opération « Beau travail ». Ce sont mes collègues et mes partenaires et je voudrais les saluer car ils font un travail formidable dans une équipe, je dirais, qui existe aujourd’hui, souvent un travail de l’ombre, un travail difficile et je voudrais les saluer pour leur présence aujourd’hui. Alors « Beau travail », qu’est-ce que c’est ? C’est 115 programmes télévisés courts qui vont durer une minute chacun, parrainés par le MEDEF, diffusés sur France 2 et sur France 3 tous les soirs à 20h30 sauf pendant le mois d’août. Ça va durer à partir de demain 14 mai jusqu’au 26 décembre, donc six mois tous les soirs. 

Quels sont les deux objectifs de « Beau travail » ? Premier objectif, faire connaître et valoriser les métiers dits « en tension », c’est-à-dire pour lesquels les entreprises ne trouvent pas de compétences aujourd’hui, adaptées ou suffisantes sur le marché du travail. Donc 400 000 emplois demandés non pourvus pour différentes raisons, ça peut être des problèmes de formation initiale, très souvent d’ailleurs, des problèmes de mobilité géographique, des problèmes d’attractivité de ces métiers, d’idées reçues ou de préjugés sur ces métiers, de mauvaise orientation des jeunes. La formation est clé dans ce sujet-là. Et puis deuxième objectif, c’est promouvoir les formations, notamment en alternance, en apprentissage dédiés aux métiers qui recrutent. 

Au-delà de ces programmes télévisés d’une minute, il y aura un site web qui s’appelle beautravail.org qui permettra d’avoir des informations sur les métiers en question. Pour chaque métier il y aura une fiche métier, il y aura des formations pour y accéder ou des filières de formation pour accéder à ces métiers. Et enfin des offres d’emploi disponibles car nous avons noué un partenariat avec Pôle emploi. 

Donc pourquoi « Beau travail » ? Eh bien c’est l’un des 25 engagements du Medef dans ce document-là, c’est peut-être l’un des plus ambitieux d’ailleurs, c’est le numéro 10, et cela illustre aussi la méthode du MEDEF. 

La méthode du MEDEF c’est quoi ? C’est être force de constats, c’est-à-dire que nous analysons des situations, pourquoi il y a 3 millions de chômeurs en France ?, pourquoi il y a 25 % de la population de jeunes qui sont au chômage ? Constats, analyses. Puis deuxième chose, force de propositions. Nous sommes toujours en proposition, nous avons fait une dizaines de propositions au mois de novembre sur l’alternance. Nous comptons bien évidemment avancer avec le gouvernement et les partenaires sociaux sur l’alternance, sur l’apprentissage qui est un élément majeur et très complémentaire de « Beau travail ». Et puis nous sommes force d’action. Nous passons à l’action, nous sommes des chefs d’entreprise et rester sur des propositions ne nous satisfait pas. Nous souhaitons être force d’action. « Beau travail » c’est quelque chose d’extrêmement concret et j’aimerais que dans le Pacte de responsabilité présenté par le Président de la République et porté par Manuel Valls et tout le gouvernement, nous passions du constat à l’action. Peut-être pour clore ce chapitre « Beau travail » avant de passer à la deuxième partie, je voudrais vous présenter quatre petits films qui vous illustrerons ce que c’est que ce projet « Beau travail ».

Présentation des 4 films

Voilà, vous avez un petit aperçu de quatre films parmi les 115 qui seront diffusés pendant six mois tous les soirs, à heure de grande écoute.

La deuxième partie c’est qu’après la mobilisation du MEDEF que vous avez entrevue, nous restons inquiets sur le Pacte de responsabilité. 

Pour trois raisons. 

D’abord il manque du concret à ce Pacte. Au-delà des premiers chiffres tout est flou, on ne sait pas encore comment ça va se mettre en œuvre notamment sur la fiscalité. Nous sommes aussi inquiets sur d’éventuelles hausses de taxes. La taxe carbone qui devrait arriver l’année prochaine avec 2,5 milliards, puis 4 milliards en 2016 et qui pourrait, malheureusement, annuler les efforts annoncés sur la C3S. On a aujourd’hui besoin de concret. Le Premier ministre a dit dimanche qu’il comptait mettre en place le PLFR et le faire voter pour ancrer définitivement ce Pacte ou une partie du Pacte. Je crois que c’est fondamental pour nous, il faut impérativement que ce PLFR puisse ancrer la trajectoire sur la baisse du coût du travail d’une part, et la trajectoire sur la baisse de la fiscalité d’autre part sur la période 2015-2017. 

Deuxième problème, il faut impérativement accélérer. Le 14 janvier dernier, le Président de la République avait souligné qu’il y avait 116 milliards de charges – il avait dit exactement qu’il fallait réduire l’écart de compétitivité avec nos principaux voisins européens. Il y a 116 milliards de charges de trop comme vous le savez avec nos amis allemands, pesant sur les entreprises. Lorsque l’on fait le calcul : CICE 25 milliards bruts + 10 milliards de baisse du coût du travail + 6 à 8 milliards de baisse de fiscalité seulement sur la période, nous arrivons à une quarantaine milliards. C’est-à-dire que nous n’avons fait qu’un tiers du chemin pour réduire l’écart avec nos amis allemands. Je pense qu’il faut vraiment continuer d’optimiser les dépenses publiques. Vous savez que les dépenses publiques, vous avez les bonnes et les mauvaises, c’est comme le cholestérol. Les bonnes dépenses publiques ce sont les investissements, il ne faut surtout pas toucher aux investissements qui, si on y touche, pourraient accélérer une récession. Il faut toucher aux dépenses de fonctionnement des dépenses publiques et ça je crois que c’est un message extrêmement important car la facilité pourrait être de s’acharner sur les entreprises encore une fois, de réduire les investissements et de provoquer de la récession. L’idée de cette baisse des dépenses publiques c’est qu’il faut aller plus vite, plus fort et surtout s’occuper des dépenses de fonctionnement. 

Troisième point, la confiance. C’est extrêmement important. La confiance est indispensable, je le dis souvent, la confiance d’abord c’est le fondement de l’attractivité de notre territoire. La confiance c’est le catalyseur de la croissance. Aujourd’hui nous avons besoin d’un déclic de confiance pour que les chefs d’entreprise, qu’ils soient français ou qu’ils soient étrangers, restent en France, développent en France, reviennent en France, réinvestissent en France, réembauchent en France. C’est tout le combat que nous menons au niveau du Medef. Et cela passe par ces trajectoires de baisse de charges et de fiscalité d’une part, la compétitivité, mais ça passe aussi par la confiance. La confiance, c’est fondamental. Aujourd’hui nous sommes inquiets sur deux sujets. Nous sommes inquiets sur la recrudescence des contrôles fiscaux que nous entendons sur le CIR, sur les holdings d’animation, sur les lois Dutreil. Il y a des contrôles fiscaux en recrudescence ce qui va à l’envers du Pacte de responsabilité. Pour moi ce Pacte de responsabilité c’est un pacte de confiance. Nous demandons, là aussi, au gouvernement, à l’administration, de faire très attention à ce qu’on passe d’un climat de contrainte-contrôle-sanction qui existe depuis une trentaine d’années en France à un environnement d’accompagnement, de conseil, de motivation. Je pense même qu’au sein des administrations sociales ou fiscales, il serait bon d’éviter la sanction immédiate, le contrôle immédiat et d’avoir, comme en Angleterre, aux Etats-Unis, des administrations conseillères, qui aident et qui permettent de dire « on a détecté ça, c’est un point de dysfonctionnement, voilà ce qu’il faut que vous fassiez et vous avez 3 mois, 6 mois pour vous mettre d’équerre ». Ce problème de confiance, cette recrudescence de contrôles, nous inquiètent beaucoup. 

Deuxième point sur la confiance, il faut impérativement que les projets, les textes de loi, les projets de loi, les propositions de loi soient en accord avec la confiance. Nous avons trois chiffons rouges sur le plan social. Nous avons bien sûr ce dispositif de pénibilité qui a été introduit avec la réforme des retraites et qui induit un niveau extrêmement important de stress parmi les chefs d’entreprise et parmi les plus petits, dans certaines fédérations comme le bâtiment, comme la chimie, comme l’industrie où en effet le dispositif actuel doit vraiment être amélioré, adapté, optimisé, simplifié. Nous avons la loi sur l’inspection du travail aussi. Là encore cela induit une énorme anxiété parmi les chefs entreprises. Et enfin le temps partiel, ce seuil de 24 heures minimum qui a été introduit dans la loi après l’ANI de janvier 2013 qui peut, là aussi, si elle s’applique en tant que tel et sans modifications à partir du 1er juillet, induire des pertes d’emplois. Car tout ça pourrait induire par des règlements stupides, antiéconomiques, anti-entreprises, des pertes d’emplois. Ce n’est pas ce que nous voulons. Nous souhaitons créer de l’emploi comme vous l’avez compris. 

Nous souhaitons du concret sur le Pacte, il est important d’aller vite dans les mesures concrètes. Deuxième chose, nous souhaitons qu’on accélère. Il faut accélérer notamment sur les trajectoires de baisse, notamment sur la fiscalité. Je rappelle que l’année prochaine il n’y aura que 1 milliard de baisse de fiscalité sachant que l’écart avec nos amis allemands c’est 50 milliards. Il faut accélérer, et ça passera bien évidemment par une optimisation continue, constante sur les dépenses publiques. Troisième élément la confiance. La confiance indispensable pour le déclic, le redémarrage, le rebond aussi bien des Français que des chefs d’entreprise français, des investisseurs ou des actionnaires étrangers. 

Le MEDEF s’engage pour le Pacte, on monte l’escalier, nous nous mobilisons, nous continuons de nous mobiliser mais nous avons besoin que nous passions de la parole aux actes au niveau du gouvernement.

Merci infiniment.