MEDEF Actu-Eco – Semaine du 18 au 22 avril 2016

FRANCE
1.    Financement des ETI et des grandes entreprises en avril 2016 : appréciation sur la situation de trésorerie qui s’érode, tendance à l’allongement des délais de paiement
2.    Climat des affaires en avril 2016 : amélioration dans l’industrie et la construction, dégradation dans le tertiaire
3.    Prix à la consommation en mars 2016 : +0,1% sur un mois, -0,2% sur un an
4.    Créations d’entreprise en mars 2016 : +0,2% sur un mois (+1,4% hors micro-entrepreneurs)
5.    Crédits nouveaux au secteur privé en février 2016 : +43% en cumul sur un an, désormais à leur plus haut niveau depuis octobre 2006

INTERNATIONAL
6.    Marché du logement aux Etats-Unis en mars 2016 : fort recul des mises en chantier, des perspectives assombries
7.    Tendances de la semaine sur les marchés : nette remontée des cours des actions et des matières premières.

1. Financement des ETI et des grandes entreprises en avril 2016 : appréciation sur la situation de trésorerie qui s’érode, tendance à l’allongement des délais de paiement

Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode en avril 2016, les trésoriers des ETI de 500 salariés ou plus et des grandes entreprises font état :

–    d’une situation de trésorerie d’exploitation « normale ». Cependant, leur appréciation aurait tendance à se dégrader depuis la fin de l’année 2015, le solde d’opinions repassant d’ailleurs sous sa moyenne des années 2005-2015 ;
–    d’une tendance à l’allongement des délais de paiement clients ;

–    d’une diminution des marges pratiquées sur les crédits bancaires, alors qu’elles ont eu tendance à augmenter au cours des quatre mois précédents ;

–    d’une recherche de financement toujours aisée, et ceci depuis près de deux ans.

2. Climat des affaires en avril 2016 : amélioration dans l’industrie et la construction, dégradation dans le tertiaire
 

* Selon les dernières enquêtes de conjoncture publiées par l’INSEE, le climat des affaires en France est resté stable en avril 2016. Le niveau de l’indicateur synthétique est légèrement supérieur à sa moyenne des années 2000-2015.

* Dans le détail, cette stabilité du climat des affaires recouvre :

–    une amélioration de deux points :

o    dans l’industrie : repli du solde d’opinions relatif aux perspectives personnelles de production dans tous les secteurs à l’exception de l’automobile, de la chimie et de la métallurgie ; légère amélioration des perspectives générales ; redressement des carnets de commandes, globaux comme étrangers ;
 
o    et dans le bâtiment, dont l’indicateur est à son plus haut niveau depuis mai 2014, tout en restant sous sa moyenne de longue période : amélioration des perspectives d’activité -solde d’opinions à son plus haut niveau depuis août 2011- comme des perspectives générales, carnets de commandes inférieurs à la normale, taux d’utilisation des capacités de production inférieur à sa moyenne 2000-2015 depuis 2008, pessimisme persistant concernant les perspectives d’emploi ;

–    un repli dans le tertiaire :

o    -1 point dans les services (légère dégradation des perspectives générales et d’activité –vrai dans tous les secteurs à l’exception des activités immobilières-, pessimisme concernant les anticipations de recrutement hors intérim) ;

o    -2 points dans le commerce de détail, même si l’indicateur reste supérieur à sa moyenne de longue période (moindre optimisme concernant les perspectives -ventes prévues, intentions de commandes, perspectives générales d’activité-, perspectives d’emploi toujours ternes).

3. Prix à la consommation en mars 2016 : +0,1% sur un mois, -0,2% sur un an

 
* Selon les chiffres définitifs de l’INSEE, l’indice des prix à la consommation, en données brutes, a progressé de +0,7% en mars 2016, après une hausse de +0,3% en février. En données corrigées des variations saisonnières, l’indice des prix s’est accru de +0,1%, après une baisse de -0,2% en février.

Cette légère hausse recouvre des évolutions contrastées selon les grandes catégories de biens et services :

–    une stagnation dans l’énergie, les produits manufacturés et les services ;

–    une progression de +0,1% des prix des produits alimentaires.

Hors tarifs publics (électricité, gaz, tabac, etc.) et produits à prix volatils (produits pétroliers, produits laitiers, viande, etc.), c’est-à-dire l’inflation sous-jacente, les prix ont crû de +0,1% en mars, après avoir stagné en février.

* Entre décembre 2015 et mars 2016, les prix se sont contractés de -0,2% (-1% l’an), après avoir stagné entre septembre et décembre 2015.
Cette baisse recouvre, là encore, des évolutions contrastées selon les catégories :

–    fort repli des prix des produits énergétiques (-3%, dont -5,2% pour les seuls produits pétroliers) ;

–    contraction de -0,1% des prix pour l’ensemble des services, dont -0,1% pour les loyers, stagnation pour les services de santé et +0,1% pour les transports et les télécommunications ;

–    stagnation des prix des produits alimentaires (dont +0,6% pour les seuls produits frais) et des produits manufacturés (dont -0,1% dans l’habillement – chaussures, et -0,2% pour les produits de santé).

* Sur un an, les prix à la consommation ont baissé de -0,2%, comme au mois précédent. Ce recul recouvre des évolutions opposées : baisse des produits énergétiques et industriels, augmentation des prix des produits alimentaires et des services (loyers, services de santé notamment). En revanche, l’inflation sous-jacente a progressé de +0,6%.

* Pour mémoire, dans son programme de stabilité 2016-2019, le gouvernement prévoit une hausse de +0,1% des prix à la consommation pour l’année 2016.

4. Créations d’entreprise en mars 2016 : +0,2% sur un mois (+1,4% hors micro-entrepreneurs)

 
 
* Les créations d’entreprise, tous types d’entreprises confondus, se sont légèrement redressées en mars 2016 (+0,2%, données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables), après s’être contractées en février (-0,7%).

Hors micro-entrepreneurs, la hausse a été plus marquée (+1,4%, après -2,5%), compensant la baisse des immatriculations de micro-entrepreneurs (-1,5%).

* En moyenne, au 1er trimestre 2016, l’ensemble des créations d’entreprise s’est accru de +5,9% par rapport au 1er trimestre 2015, pour s’établir à 45 943 unités.

En revanche, hors micro-entrepreneurs, la hausse a été plus de deux fois plus importante (+12,9% sur un an), pour atteindre 26 962 unités. Il s’agit du plus haut niveau depuis octobre 2008.

Dans le détail, par grande famille d’activité, toujours au 1er trimestre 2016, cette progression sur un an recouvre :

–    une baisse dans l’industrie (-1%, dont -1,1% dans la seule industrie manufacturière) et la construction (-4,3%). Ces deux secteurs représentent respectivement 4,4% et 11,5% de l’ensemble des créations d’entreprise ;
–    une hausse dans le commerce (+1,5%) et, de façon nettement plus marquée, dans les services marchands (+11,4%, allant de +1,4% dans les services aux ménages à +74,9% dans les transports et l’entreposage, en passant par +8,9% dans le soutien aux entreprises). Ces deux secteurs représentent respectivement 18,3% et 54,1% des créations totales.

5. Crédits nouveaux au secteur privé en février 2016 : +43% en cumul sur un an, désormais à leur plus haut niveau depuis octobre 2006

* Les crédits nouveaux au secteur privé (flux mensuels cumulés sur un an) se sont accrus de +42,9% entre février 2015 et février 2016. Ils sont en nette progression depuis le début de l’année 2015 : ils ont atteint 522,9 milliards d’euros, le plus haut niveau depuis octobre 2006. Cette hausse, sans doute à relier au niveau toujours bas des taux d’intérêt, résulte de la progression à la fois des crédits aux sociétés non financières, et plus encore, de celle des crédits aux ménages.

* Les crédits nouveaux aux sociétés non financières, toujours en cumul sur douze mois, ont progressé de +27,4% en février 2016 sur un an. A 244,2 milliards d’euros, ils ont atteint leur plus haut niveau depuis mai 2012.
Ce redressement se retrouve pour les crédits à moins d’un an (+17,7%), qui représentent 62% des crédits nouveaux aux entreprises. Il concerne encore plus les crédits à plus d’un an, c’est-à-dire, pour une bonne part, ceux destinés à financer les projets d’investissement (+47,4%). Ces crédits représentent désormais 38% des crédits accordés par les banques aux sociétés non financières, contre 33% en février 2015, et 28% en février 2013.

* Parallèlement, les crédits nouveaux aux ménages ont augmenté de +59,9% sur la même période. Cette hausse vient largement de celle des crédits à l’habitat (+75,4%), représentant 80% de leurs crédits, progression gonflée par les renégociations de contrats, même si ces dernières ont tendance à diminuer. La hausse des crédits à la consommation ayant été de +18,5%. A 278,8 milliards d’euros, ils sont à leur plus haut niveau depuis le début de la série statistique (2003).

6. Marché du logement aux Etats-Unis en mars 2016 : fort recul des mises en chantier, des perspectives assombries

* Contre toute attente, les mises en chantier de logement aux Etats-Unis se sont nettement contractées en mars 2016 (-8,8%), après une hausse de +6,9% en février dernier (données corrigées des variations saisonnières). Elles retombent ainsi à leur plus bas niveau depuis octobre 2015 (1 089 000 unités en rythme annualisé).

En moyenne, sur l’ensemble du 1er trimestre 2016, elles se sont repliées de -0,2% par rapport au 4ème trimestre 2015. Sur un an, elles ont progressé de +15,9% en glissement annuel.

Les mises en chantier se sont ainsi établies à 1 133 000 unités au 1er trimestre 2016, niveau inférieur de -11,1% à la moyenne de longue période (2000-2015). Elles stagnent ainsi depuis l’été 2015. 

* Au-delà, les perspectives du marché de la construction résidentielle ne sont guère positives.

Les permis de construire se sont une nouvelle fois repliés en mars 2016 (-7,7%, après -2,2% en février). Ils sont ainsi retombés à leur plus bas niveau depuis un an (1 086 000 unités en rythme annualisé).

Au 1er trimestre 2016, ils se sont contractés de -4,9% par rapport au trimestre précédent, retombant à 1 156 000 unités. Ce niveau est inférieur de -12,2% à la moyenne des années 2000-2015.

Par ailleurs, selon la dernière enquête auprès des constructeurs sur le marché résidentiel, l’indice NAHB (National Association of Home Builders) mesurant leur opinion sur l’activité, est une nouvelle fois resté stable en avril 2016, à un niveau toutefois encore élevé.

7. Tendance de la semaine sur les marchés : nette remontée des cours des actions et des matières premières

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