MEDEF Actu-Eco – Semaine du 15 au 19 février 2016

<p>FRANCE<br />1. Effectifs salariés marchands non agricoles au 4ème trimestre 2015 : +26 400 emplois et +47 100 sur un an grâce à l’intérim, perte de 560 000 postes depuis le premier trimestre 2008<br />2. Salaires au 4ème trimestre 2015: +0,1% et +1,2% sur un an (+1% en pouvoir d’achat) pour le salaire mensuel de base <br />3. Création d’entreprises en 2015 : 525 100, -5% sur un an (+13% hors micro-entrepreneurs)<br />4. Financement des ETI et des grandes entreprises en février 2016 : trésorerie jugée aisée, délais de paiement toujours à la détente <br /><br />EUROPE<br />5. croissance du PIB de l’Union européenne au 4ème trimestre 2015: +0,3% et +1,8% sur un an (+1,5% pour la zone euro)<br />6. Energies renouvelables en Europe en 2014: 16% de la consommation finale d’énergie pour l’ensemble de l’Union, écart de 1 à 10 entre pays membres<br /><br />INTERNATIONAL<br />7. Tendances de la semaine sur les marchés : légère détente.</p><p></p>

1.    Effectifs salariés marchands non agricoles au 4ème trimestre 2015 : +26 400 postes et +47 100 sur un an grâce à l’intérim, perte de 560 000 postes depuis le premier trimestre 2008

* Selon une première estimation de l’INSEE, les effectifs salariés du secteur marchand non agricole se sont élevés à 15 874 300 au quatrième trimestre 2015,  en progression de +26 400 postes (+0,2%) par rapport au troisième trimestre où ils avaient stagné.
Cette progression est imputable uniquement au secteur tertiaire (dont près de 75% en contrats d’intérim). Hors intérim, ils n’ont guère évolué (+7 200).
*Sur un an, les effectifs salariés ont progressé de +47 100 (+0,3%), grâce à l’intérim : la nouvelle contraction dans l’industrie et dans la construction a été à peine plus que compensée par la progression de l’emploi dans le commerce et les services hors intérim.
Cette modeste augmentation des effectifs en 2015 fait suite à trois années successives de baisse (-62 600 en 2014, -65 800 en 2013 et -106 800 en 2012).

* Sur plus longue période, les entreprises ont perdu 559 900 emplois salariés par rapport au point haut du premier trimestre 2008 (-471 200 hors intérim).

2.    Salaires au 4ème trimestre 2015: +0,1% et +1,2% sur un an (+1% en pouvoir d’achat) pour le salaire mensuel de base

* Selon les premiers résultats de la Dares, les indices de salaires se seraient accrus en termes nominaux de +0,1% entre le troisième et le quatrième trimestre 2015 dans les entreprises de 10 salariés ou plus du secteur marchand non agricole.

C’est vrai du salaire mensuel de base (SMB), qu’il s’agisse de l’indice d’ensemble, ou de ceux de l’industrie et du tertiaire. La hausse a été de +0,2%  dans la construction.  Le salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE) a suivi la même évolution que celle du SMB, indice d’ensemble comme indices sectoriels.

Dans le même temps, l’indice des prix à la consommation (pour l’ensemble des ménages et hors tabac), a  également augmenté de +0,1%, ce qui correspond à une stabilité du pouvoir d’achat salarial au dernier trimestre 2015.

*Entre le quatrième trimestre 2014 et le quatrième trimestre 2015, le SMB a progressé de +1,2% et le SHBOE de +1,1%. Compte tenu d’une hausse de l’indice des prix de +0,2% sur la même période, le pouvoir d’achat salarial dans le secteur marchand non agricole s’est accru de +1% pour le SMB et de +0,9% pour le SHBOE au cours de 2015, davantage que la hausse moyenne des quatre années précédentes.

3.    Créations d’entreprise en 2015 : 525 100, -5% sur un an (+13% hors micro-entrepreneurs)

*Dans les secteurs marchands non agricoles,  525 100 entreprises ont été créées en 2015, après 550 700 en 2014 (-4,7%). C’est le nombre le plus faible depuis 2009, année de la mise en place du régime de l’autoentrepreneur (requalifié « micro-entrepreneur » depuis la fin 2014).

*Cette baisse est due à la chute de -21% des immatriculations des micro-entrepreneurs (+3% en 2014 et -11% en 2013). Elles représentent 43% des créations totales, alors qu’elles étaient majoritaires depuis 2009.  Cette chute s’expliquerait en partie par le passage de régime de l’autoentrepreneur à celui du micro-entrepreneur (obligation de s’immatriculer au registre du commerce ou au répertoire des métiers s’accompagnant de frais et parfois de stages préalables à l’installation). En revanche, les créations hors micro-entrepreneurs ont augmenté de +12,9% (+34 500), en particulier celles des autres entreprises individuelles (+28%). Les sociétés constituent un tiers des créations (172 000), dont 48% sont des sociétés par actions simplifiées.

*Les créations d’entreprises ont baissé dans de nombreux secteurs, en particulier dans la construction (12% du nombre total de création), qui a contribué à la moitié de la baisse générale. Dans le commerce, l’activité la plus touchée est le commerce de détail (-13%). Les créations d’entreprises de services aux ménages décroissent depuis plusieurs années (leur part dans le total est tombée de 9% en 2010 à 6% en 2015). Les créations dans l’industrie ont reculé de -15%.

A l’inverse, certains secteurs ont vu une progression des créations d’entreprises. C’est le cas notamment des activités de transport et d’entreposage (+46% après +35% en 2014),  « portées par le succès des ‘autres activités de poste et de courrier’ incluant la livraison à domicile », ainsi que « le transport de voyageurs par taxi (…) avec le développement des  entreprises de voitures de transport avec chauffeur (VTC) ».

*A peine 5% des entreprises nouvelles emploient au moins un  salarié à la création. Elles démarrent en moyenne avec 2,5 salariés.  La proportion est de 8% si l’on exclut les micro-entrepreneurs, mais continue de baisser (12% en 2012, 10% en 2013 et 2014). C’est dans la construction ainsi que dans les activités du commerce, du transport et de l’hôtellerie-restauration que la proportion d’entreprises nouvelles « employeuses » est la plus élevée.
C’est dans l’industrie que, parmi les entreprises employeuses nouvellement créées, l’effectif salarié moyen est le plus élevé (3,5 salariés).

*En 2015, les créations d’entreprises ont diminué dans toutes les régions, sauf en Île-de-France et en Martinique. C’est en Île-de-France que 27% des créateurs ont installé le siège de leur entreprise, et que sont localisés trois-quarts des créations dans les activités de « transport de voyageurs par taxi » et les « autres activités de poste et de courrier », ce qui explique une  baisse des immatriculations de micro-entrepreneurs plus limitée que dans les autres régions.

 

4.    Financement des ETI et des grandes entreprises en février 2016 : trésorerie jugée aisée, délais de paiement toujours à la détente

Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode en février 2016, les trésoriers des ETI de 500 salariés ou plus et des grandes entreprises font état :

– d’une situation de trésorerie d’exploitation aisée, avec un solde d’opinion positif  pour le huitième mois consécutif, situation inédite depuis 2011. L’orientation baissière des cours de la plupart des matières premières industrielles et du pétrole exercerait une influence « très légèrement positive » sur les trésoreries, de même que le taux de change euro-dollar, en dépit de la remontée de l’euro depuis le début de l’année;
– d’une détente des délais de paiement des clients qui se poursuit en tendance, malgré la légère augmentation en février des trésoriers jugeant que ces délais ont tendance à s’allonger, à partir d’un niveau bas. Dans le même temps, l’enquête de février confirme que l’allongement tout au long de l’année 2015 des délais de paiement négociés avec les fournisseurs s’est interrompu;

– d’une remontée des marges pratiquées sur les crédits bancaires pour une courte majorité de trésoriers d’entreprise, pour le troisième mois consécutif, après presque deux années de détente ;

– d’une recherche de financements plus aisée, avec un accroissement de la proportion de trésoriers d’entreprise la qualifiant de « facile ».

5.    Croissance du PIB de l’Union européenne au 4ème trimestre 2015: +0,3% et +1,8% sur un an (+1,5% pour la zone euro)

*Au cours du quatrième trimestre 2015, le PIB a augmenté de +0,3% tant dans l’Union européenne que dans la zone euro par rapport au trimestre précédent, selon l’estimation rapide que vient de publier Eurostat, après respectivement +0,4% et +0,3% au troisième trimestre 2015.

La disparité est grande entre pays membres, de -0,6% en Grèce à +1,2% en Estonie. La croissance en fin d’année a dépassé la moyenne européenne en Espagne et au Royaume-Uni.
*Sur un an, le PIB s’est accru de +1,8% dans l’Union européenne et de +1,5% dans la zone euro.

Les performances sont un peu inférieures en France et en Allemagne (+1,3%). La croissance a atteint +3,5% en Espagne, +1,9% au Royaume-Uni et +1% en Italie. Deux pays ont enregistré une contraction de leur PIB entre le quatrième trimestre 2014 et le quatrième trimestre 2015 : la Finlande et la Grèce.

6.    Energies renouvelables en Europe en 2014: 16% de la consommation finale d’énergie pour l’ensemble de l’Union, écart de 1 à 10 entre pays membres

*Selon les statistiques que vient de publier Eurostat pour l’année 2014, la part de la consommation d’énergie provenant de sources renouvelables a atteint 16% dans l’Union européenne. Les écarts sont considérables entre pays membres.

Cette part est de loin la plus élevée en Suède (53%) qui bénéficie d’un potentiel exceptionnel de ressources naturelles (biomasse avec la forêt, hydraulique…), et la plus faible au Luxembourg (4,5%). Elle est un peu supérieure à la moyenne européenne en Italie et en Espagne, mais inférieure en France et en Allemagne (autour de 14%, niveau deux fois plus élevé qu’au Royaume-Uni).

Pour l’ensemble de l’Union européenne cette proportion a presque doublé depuis 2004 (8,5%),  première année pour laquelle les données sont disponibles. Elle s’est accrue sensiblement dans tous les pays membres au cours de la période, avec toutefois des rythmes différents, compte tenu notamment des situations de départ. Les hausses vont en effet de +35 à +40% en Suède et en Finlande, à +52% en France, +95% en Espagne, +140% en Allemagne, +170% en Italie, et près de +500% au Royaume-Uni…

*Dans le cadre de la stratégie Europe 2020, l’objectif à atteindre pour l’Union européenne est que la part des énergies renouvelables s’élève à 20% de sa consommation finale brute d’énergie d’ici 2020.

Chaque Etat-membre a son propre objectif Europe 2020, « qui tient compte à la fois de sa situation de départ ainsi que de ses  potentiels d’énergies renouvelables et de ses performances économiques ». Ce qui explique des écarts très importants (de 10% à Malte et au Luxembourg à 49% en Suède, en passant par 13-14% en Belgique et aux Pays-Bas, 15% au Royaume-Uni, 17% en Italie, 18% en Allemagne, 20% en Espagne, 23% en France, 34% en Autriche).

*Plus notable encore est l’écart pour chaque pays entre la proportion enregistrée en 2014 et son objectif 2020.

Un tiers des Etats membres ont déjà atteint voire dépassent le niveau requis (dont la Suède, la Finlande et l’Italie). Deux sont à moins d’un point de pourcentage de leurs objectifs 2020 (Danemark et Autriche). En revanche, l’écart avec l’objectif national est le plus élevé en France (qui bénéficie d’un mix énergétique particulièrement peu émetteur de CO2 grâce notamment au nucléaire), aux Pays-Bas et au Royaume-Uni (8 points de pourcentage ou plus).

*Compte tenu du rôle essentiel que les énergies renouvelables seront appelées à jouer au-delà de 2020 pour aider l’Europe à couvrir ses besoins énergétiques, les Etats-membres, rappelle la note d’Eurostat, sont convenus d’un nouvel objectif d’au moins 27% d’énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie pour l’ensemble de l’Union européenne d’ici 2030. Les objectifs nationaux correspondants ne sont pas encore définis.
Dans cette perspective, l’Union européenne doit donner des signaux favorables au développement d’investissements et de filières compétitives dans le domaine des énergies renouvelables. Elle doit en même temps veiller à ce que les mécanismes de soutien à ces dernières assurent un coût de l’énergie soutenable pour les consommateurs – notamment les entreprises -, dans un contexte mondial de plus en plus concurrentiel où l’Europe est en train de perdre du terrain en matière de prix de l’énergie.
 

7.    Tendances de la semaine sur les marchés : légère détente

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